Nord Mali, Niger... et uranium !

 

Que se passe-t-il au Niger et au nord du Mali ? Qu'est-ce qui rend fous les Touareg, ces nobles chevaliers du désert ? Les Français s'indignent, et nous nous indignons aussi, des prises d'otages et des assassinats de journalistes. Mais quel motif réveille tout à coup " la barbarie et la haine" ? Les journaux parlent de rivalités tribales, ou religieuses, de trafics MAIS personne ne parle d'uranium : étrange ! en dehors de ça, pourquoi s'en prendre à des ressortissants français ??

Le Monde du 30 janvier 2013 était plus explicite. : "La France a-t-elle, derrière son intervention au Mali, des intérêts économiques à protéger dans la région ? C'est ce qu'affirme Stéphane Lhomme, directeur de l'Observatoire du nucléaire, selon qui l'entrée en guerre de Paris vise directement à "sécuriser l'approvisionnement des centrales françaises en uranium : ce dernier est extrait dans les mines du nord du Niger, zone désertique seulement séparée du Mali… par une ligne sur les cartes géographiques".

C'est aussi ce qui est avancé dans certains titres de presse,(...) le journaliste Florent Detroy, spécialiste des matières premières, estime que "l'arrêt des mines du Niger serait catastrophique pour le groupe [Areva] et pour les Français", et que "le risque d'un 'choc uranium' du fait d'une internationalisation du conflit actuel au Mali n'est pas impossible".

Peu avant l'assassinat des journalistes, il y a eu la rançon (de 20 à 25 millions d'euros) pour libérer des salariés d'Areva retenus 3 ans en captivité. Stéphane Lhomme s'étonne que la France verse de telles sommes à des "terroristes" ...

Les autorités françaises ont toujours tenté de justifier leur choix du nucléaire en prétendant qu'il garantissait notre "indépendance énergétique", étrange conception d'une "indépendance" dépendante de l'intervention militaire de la France dans des pays étrangers ! La France a négocié avec le gouvernement de Niamey une exploitation de type coloniale par l'intermédiaire de son entreprise d'Etat Areva (*). L'extraction de l'uranium sur les terres des Touareg est une catastrophe sanitaire majeure. Les aires de pâturages sont détruites. La faune a disparu. Les nappes phréatiques sont polluées... Les Touareg doivent-ils se résoudre à disparaître en silence ? Est-il si étonnant d'assister aux sursauts de leur désespoir ? Notre monde a- t-il le droit de faire payer à tout un peuple le "crime" originel d'habiter un Sahara jadis inculte mais devenu immensément riche ?

Tout cela pour quelques années de fonctionnement des centrales françaises en fin de vie. Au lieu d'investir massivement dans les énergies renouvelables, les seules à être garantes d'une véritable indépendance énergétique, la France s'enfonce depuis 50 ans dans l'impasse nucléaire. Et pendant ce temps là, l'Allemagne est devenue, depuis près de dix ans, exportatrice nette d'électricité vers la France... sans avoir maille à partir avec les "terroristes" touareg !

(*) C'est si vrai que l'Observatoire du nucléaire est attaqué par Areva en justice le 20 décembre 2013 à 13h30 au Tribunal de grande instance de Paris pour avoir osé dénoncer les pratiques d'Areva "relevant de la corruption" au Niger.
Cf http://observ.nucleaire.free.fr/accueil-proces-areva.htm

 
Françoise Chanial  - les Amis de la Terre Poitou
(membres de la coordination poitevine pour l'arrêt du nucléaire)
Françoise Chanial, pour les Amis de la Terre-Poitou, membres de la  coordination poitevine pour l'arrêt du nucléaire
 

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